Vittoz pour lutter contre le vagabondage cérébral

Vous venez de vous asseoir avec vos collègues en salle de réunion. Vous pensez déjà à la suivante dans laquelle vous devrez prendre la parole. A la machine à café votre amie vous raconte sa soirée, et vous êtes branchée intérieurement sur la vôtre… Une marche programmez une marche en forêt pour vous détendre,  mais vous ne pouvez vous empêcher de ressasser votre discussion contrariante avec votre conjoint… ou encore vous êtes sur la plage et impossible de vous détendre, trop de choses en tête, de plus en plus difficile de vous concentrer sur votre travail ou pire … de vous rendre disponible pour votre famille, vos enfants qui finissent par s’agiter (dans le meilleur des cas …) pour attirer votre attention.

 

Certaines personnes sont plus soumises à cet incontrôle de la pensée que d’autres. Ce n’est malheureusement pas rare. Nos modes de vie et de communication favorisent cette suractivité émissive de notre cerveau.

C’est ce que le Dr Roger Vittoz nomme dès 1911 dans son ouvrage “Le traitement des psychonévroses par la rééducation du contrôle cérébral” le vagabondage cérébral.

« Il y a un vagabondage des actes comme il y a un vagabondage de la pensée. » Roger Vittoz

Le passage d’un acte à l’autre. Les managers ou les jeunes parents, connaissent bien cela … Commencer à rassembler du linge pour lancer une machine, puis recevoir un coup de fil, répondre à un sms en passant, puis commencer à répondre à un mail, ouvrir au facteur, le mail n’est pas envoyé (on arrivera au mariage en pic – assiettes !), la machine non plus, mettre de l’eau à chauffer, tétée, une couche à changer, le repas, vider le lave-vaisselle, attendre que le dernier aie fini pour le lancer, préparer un café, partir en hâte pour un rendez-vous, lave-linge toujours pas parti, lave-vaisselle non plus, vous rentrez, le café est froid… du vécu ! (avant Vittoz …)

Ce qui au début du 20ème siècle rangeait la personne du côté de la maladie, la condamnait à un état morbide, aujourd’hui pourrait nous sembler presque commun. Quelle conclusion en tirer? Le monde que je construis pour moi-même et avec les autres me convient-il ? Quelle est ma responsabilité ne serait-ce que dans mon mal-être? C’est de famille, on est des cérébraux, … et puis la faute aux écrans, la faute à mon boss, la faute au covid…

Certes l’environnement, l’histoire, l’héritage émotionnel, le tempérament que m’ont laissé mes parents m’entraîne à répéter des fonctionnements qui ne me conviennent pas toujours et dans lesquels je me sens enfermé. Je reproduis ou je me laisse entraîné dans un mode de vie peu propice à un quotidien détendu et serein et tout cela envahit ma pensée comme pour éviter de me confronter à ma réelle responsabilité, celle d’être dans mes actes, présent.e et en vérité avec moi, avec l’autre.

A partir ce constat, que puis-je faire ?

Pas une formule magique, à chacun de trouver son chemin pour être. Lacan ne disait-il pas que vouloir ce qu’on désir, c’est l’histoire d’une vie ?

Un point de départ possible est de reconnaître la nécessité d’un changement de paradigme. De désirer se voir en vérité, tout en sachant que l’inconscient a besoin de protéger certaines zones de la mémoire émotionnelle. Jusqu’au moment où il vous fera bien comprendre qu’il est temps d’avancer sur tel ou tel point pour aller vers une libération. Cela représente le travail psychique.

Il n’est plus à établir que notre psychisme, notre mental fonctionnent en unité avec notre corps. Faire travailler le système nerveux périphérique avec des stimuli variés de façon régulière et réguler la capacité d’attention au cours de pratiques simples dans les actes du quotidien constitue la base de ce que Roger Vittoz proposait déjà il y a un siècle : La rééducation du contrôle cérébral.

Les praticiens, qui sont formés aujourd’hui à la suite des médecins et thérapeutes qu’il a lui-même initiés peuvent vous le faire découvrir avec la méthode Vittoz.

Sources

Dr Roger Vittoz Le traitement des psychonévroses par la rééducation du contrôle cérébral, Téqui éd. Paris, 1991. 1ère éd.1911

Dr Rosie Bruston, Découvrir la méthode Vittoz ; « De la méthode Vittoz à la psychologie des profondeurs », éditions DDB, Paris, 2011, p.48.

Milène Rapp, DFE La répétition, symptôme et moyen de guérison dans la cure Vittoz. Vittoz-IRDC