Dissociation : Quand le symptôme devient un outil thérapeutique

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Le paradoxe de Walter Mitty

Le film La Vie rêvée de Walter Mitty, de Ben Stiller, est vraiment dans mon top 10… ! 

Le héros, qui ironiquement, subit les conséquences du passage de l’argentique au numérique au sein d’un grand magazine poussé à la fermeture, semble absent au monde, perdu dans des scénarios imaginaires qui l’excluent souvent des interactions réelles et le voue aux railleries méprisantes de son boss. 

Le métier de Walter consiste à offrir au public les plus belles images du monde, grâce au travail d’un célèbre photographe incarné par Sean Penn. Et pour cela il travaille reclus dans les caves sombres du journal. La réalisation a su mettre en exergue toute la dualité du personnage. Ce film à la photographie impeccable nous berce dans une bande sonore bien choisie : Space Oddity (David Bowie), il illustre de façon poétique le clivage entre sensibilité et réalisme, rêverie morbide et présence créatrice.

 


 La dissociation , qu’est-ce que c’est ?

Comme Walter Mitty, nous connaissons tous des moments plus ou moins dissociés, en psychologie on parle de continuum. Dans celui-ci , il existe en fait une grande diversité de dissociations, depuis le simple détachement de l’environnement immédiat à un refoulement des ressentis physiques et émotionnels. Dans les cas les plus bénins, la dissociation peut être vue comme un mécanisme de défense qui apparaît en cherchant à maîtriser, minimiser ou supporter un stress, y compris l’ennui ou le Conflit_émotionnel ». À l’opposé dans ce continuum, on trouve la rêverie et enfin les états modifiés de conscience. Certaines incapacités dissociatives impliquent l’Amnésie, tandis que d’autres ne l’impliquent pas.

Souvent perçue uniquement comme un symptôme à éradiquer, la dissociation est en réalité une stratégie d’adaptation intelligente. Mais attention : si elle peut isoler socialement, elle ne devient une véritable ressource que lorsqu’elle est maniée dans un cadre thérapeutique sécurisé.

Comment transformer ce mécanisme de défense en outil de travail sur soi ? Comment les approches de NardoneWatzlawick, viennent enrichir le cadre de référence dans la thérapie MOSAIC et couplée avec la méthode Vittoz, et comment permettent-elles ce changement de perspective ? 

Éclairage…

 

La dissociation : Entre exclusion sociale et potentiel intérieur

Que ce soit dans la vie professionnelle ou familiale, ce mécanismes peut présenter des inconvénients majeurs.

Le coût social : Le sentiment d’exclusion. Dans la vie quotidienne, la dissociation agit souvent comme un mur invisible. Elle vous coupe radicalement de votre entourage, des conversations, et potentiellement des décisions importantes, que les autres prendrons sans vous.
L’invisibilité sociale : Physiquement présent mais mentalement « ailleurs », vous risquez d’être perçu comme distant ou désintéressé par votre entourage. Souvent incompris les personnes qui vivent souvent ces états sont malheureusement mal compris, ou mal perçus ce qui finit par impacter aussi l’estime de soi.

La fatigue de l’adaptation : L’énergie dépensée à maintenir ce double jeu, le masking (faire semblant d’être là tout en étant ailleurs) nécessaire pour ne pas passer complètement pour une ovni, est considérable et source d’épuisement.

Le cercle vicieux : Plus le lien social est difficile, plus le refuge intérieur devient attractif, renforçant l’isolement.

Il important de nuancer ces constatations au regard des apports de Paul Watzlawick pour qui « le contexte fait le sens ». C’est précisément là qu’il sera intéressant de travailler avec votre thérapeute.

Dans la vie courante : La dissociation est un problème (un « symptôme ») car elle est subie, incontrôlée et coupe du réel.

Ce même mécanisme peut devenir une ressource. En thérapie, la capacité à se déconnecter du réel immédiat permet d’accéder à des parts de soi, des souvenirs ou des intuitions habituellement masqués par le bruit du quotidien.

Le recadrage : Comme l’explique Watzlawick, il ne s’agit pas de changer la personne, mais de changer le contexte dans lequel elle agit. Ce qui était un « défaut » dans la vie sociale devient un « outil d’investigation » dans le cabinet du thérapeute.

 

La thérapie stratégique : Utiliser le symptôme comme levier (Giorgio Nardone)

La Thérapie Stratégique, développée par Giorgio Nardone, pousse cette logique encore plus loin. Pour Nardone, * »le remède est dans le poison »*.

Le symptôme comme solution : La dissociation n’est pas une erreur, c’est la tentative (maladroitement adaptée) de votre cerveau pour résoudre un problème (le trauma, le stress).
L’utiliser comme outil de travail : Dans le cadre sécurisé de la thérapie, le thérapeute ne cherche pas à bloquer la dissociation, mais à l’utiliser. On demande au patient d’entrer volontairement dans cet état pour explorer ses ressources inconscientes, ses forces cachées ou ses scénarios de résilience.

La sécurité du cadre : C’est la condition sine qua non. Seul un professionnel formé peut guider cette exploration sans risque de « noyade » psychique. Hors de ce cadre, la dissociation reste une fuite ; dedans, elle devient une plongée exploratoire.

Pour emprunter à la systémie… « Si vous voulez comprendre comment fonctionne quelque chose, essayez de le faire fonctionner. »

En thérapie, on utilise la capacité dissociative pour accéder à des parties de soi qui, une fois reconnues, permettent de guérir.

Revenons à Walter Mitty – Un personnage qui passe assez inaperçu va pourtant l’aider à utiliser cette ressource, c’est simple webmaster de site de rencontre avec qui il garde un lien téléphonique tout au long du scénario c’est un peu le thérapeute, l’aidant, le facilitant… Il va l’aider à opérer ce switch. Et sa rêverie va petit à petit amener à sa conscience ses désirs profonds et ses ressources jusqu’à le pousser à traverser la planète en recherche d’une image … (attention spoiler : la sienne … !) 

 

Traiter le trauma sans perdre ses ressources : L'approche MOSAIC

Une fois la dissociation reconnue comme un état transitoire qui a opéré jusque là une fonction protectrice, il reste à traiter la charge traumatique qui la rend compulsive. C’est le rôle de la thérapie MOSAIC ® (Mouvements Oculaires et Stimulations Alternées pour l’Intégration Cérébrale).

Pourquoi la thérapie MOSAIC est-elle adaptée ?

Respect du mécanisme : La thérapie MOSAIC®  ne cherche pas à « briser » la dissociation. On utilise la capacité du patient à se focaliser sur des éléments internes (souvenirs, sensations) pour intégrer le trauma.
Travail en sécurité : Grâce aux stimulations alternées, le cerveau reste actif et connecté au ressources internes capables de faire face, même lors du traitement de souvenirs difficiles. La dissociation n’est plus une fuite panique, mais un état de conscience modifié accompagné, et le travail avec les stimulations va venir créer un nouveau réseau neuronal capable de soutenir un souvenir sans plus avoir besoin de fuir.
Transformation : Le but est que le souvenir traumatique perde sa charge émotionnelle et qu’une nouvelle association puisse être moteur de changement pour toutes les zones de vie de la victime, de la personne qui a souffert. Ainsi, la capacité à se dissocier redevient un choix conscient (pour accéder à sa créativité ou son calme) et non plus une obligation de survie.

Source : La thérapie MOSAIC® est reconnue pour permettre l’intégration cérébrale « sans souffrance », en respectant les mécanismes de défense et en les utilisant comme leviers de changement (Source : therapiemosaic.com)

 

La méthode Vittoz : Reprendre le contrôle du "switch"

Si la thérapie MOSAIC permet d’utiliser et de nettoyer la dissociation, la méthode du Dr Vittoz apprend à maîtriser l’interrupteur.

Naviguer consciemment entre les mondes
Le docteur Vittoz parlait de passer du cerveau « émissif » (qui s’évade) au cerveau « réceptif » (qui accueille le réel).
L’ancrage volontaire ou l’installation consciente dans l’état de présence : La méthode entraîne la capacité de revenir instantanément dans le présent par des exercices de réceptivité sensorielle (écouter, voir, sentir).
La liberté du choix, la décision et la responsabilité : L’objectif final n’est pas de supprimer la capacité à rêver ou à se dissocier, mais de permettre au patient lde retrouver une forme de contrôle sur son état de présence.. Vous pouvez choisir de plonger dans votre monde intérieur pour y puiser des ressources (créativité, calme), et choisir d’en ressortir pour interagir socialement.
Fini de subir : Vous passez du statut de « victime de ses absences » à celui de « pilote de sa conscience ».

Source : La méthode Vittoz vise spécifiquement à renforcer la « réceptivité » et la maîtrise de ses états de conscience, permettant une présence au monde choisie et non subie (Source : *vittoz-irdc.net*).

 

La dissociation, un outil puissant… à manier dans un cadre thérapeutique sécurisé.

La dissociation n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Comme le feu, elle peut brûler la maison (isolement, perte de contact) ou cuire le pain (créativité, accès à l’inconscient). Tout dépend du contexte et de la maîtrise qu’on en a.

Grâce aux éclairages de Watzlawick et Nardone, nous comprenons que ce symptôme peut devenir une ressource précieuse, mais uniquement dans le cadre sécurisé d’une thérapie. C’est là qu’il se transforme en outil de travail pour débloquer le passé (avec la thérapie MOSAIC® ) et reprendre le pouvoir sur son présent (via la méthode Vittoz).

 

Vous ne cherchez pas à renoncer à une part de vous, mais à l’apprivoiser pour qu’elle travaille pour vous, et non plus *contre* vous.

Si vous souhaitez comprendre comment transformer votre fonctionnement actuel en une force, je vous propose un espace d’échange sécurisé pour envisager un accompagnement adapté à votre sensibilité.