Anxiété sans raison : quand le système nerveux a appris trop tôt

Anxiété sans raison - Thérapie Vittoz Bordeaux - EMDR

« Je ne comprends pas, je suis père de famille, je suis cadre, tout va bien, ma femme et mes enfants vont plutôt bien, je fais du sport, j’ai des amis, et pourtant je suis anxieux. Je me réveille souvent la nuit avec une angoisse diffuse ou parfois au cours d’une réunion : je dois trouver une excuse pour sortir. Je ne vois pas ce qui déclenche ça. Ça arrive c’est tout. » Si comme, Bertrand, , vous vivez une situation similaire, rassurez-vous, vous n’êtes ni fou/ ni folle ! 

Anxiété - Thérapie EMDR Bordeaux

sIl se peut que votre système nerveux réagisse encore à une mémoire ancienne. Votre organisme réactive probablement une stratégie qu’il a dû mettre en place à un moment de votre vie où il a été nécessaire de se mettre en alerte face à un événement qui est apparu pour vous comme un danger réel (pour votre sécurité physique ou affective). Ces mécanismes se remettent en marche sans raison apparente. Du coup vous tentez de contrôler la situation en étant encore plus performant, ou vous éviter des situations émotionnellement inconfortables… ça devient pesant, voire handicapant, avec des retentissements dans votre vie personnelle et/ou professionnelle et des symptômes physiques inconfortables ou douloureux. Comment faire avec ça ?

 

L'anxiété sans cause apparente : une énigme fréquente

Ce qui alerte, se sont les signaux que donnent le corps, avec tout ce qui peut être désagréable ou même douloureux.

Ce sont souvent des symptômes de ce type :

    • Boule au ventre, diarrhée, nausées, migraine, nœud à l’estomac, oppression thoracique, sueurs froides…

    • Tension chronique, dans la tête, dans le cou, la nuque, les épaules.

    • Une agitation physique ou cognitive, l’esprit tourne en boucle sur des pensées ciblées ou de l’une à l’autre… de la fatigue.

    • Une peur vague, sans objet, sans raison précise… avec parfois, une sorte de fourmillement dans le corps, comme un frisson.

    • L’impression de partir ailleurs… de ne plus être vraiment présent quelques instants.

Ce qui est déconcertant, c’est qu’il n’y a « pas de raison logique ». C’est angoissant. Cela peut créer de la frustration et même engendrer un sentiment de culpabilité et entamer la confiance en soi. (amorcer ou endurcir des croyances sur soi d’incapacité à faire, être à la hauteur des tâches qu’on se donne… )

Le système nerveux ne réagit pas qu’au présent

Il réagit à ce qu’il a appris !

  • On parle d’apprentissage corporel précoce : Le corps mémorise avant que l’esprit comprenne, et il réagit avant que nous ayons le temps de réfléchir. En d’autres termes, ce n’est pas l’événement qui déclenche la réaction, c’est l’écho qu’il produit dans notre mémoire corporelle.

  • Le Dr Jean-Michel Fabrizio lui, positionne ses recherches en psychopatologie Vittozienne en partant de la relation primitive [qui] est à la base de l’émergence de la conscience existentielle. Cet élément est le principe fondateur de la construction structurelle (personnalité) et fonctionnelle (comportement) l’individu.(…) beaucoup de symptôme ont valeur existentielle. La nature de cette conscience existentielle va alors influencer la perception de soi et la position fonctionnelle adoptée (passive ou réactionnelle), à partir de laquelle l’individu va se construire.

    👉 Quand la personne est préoccupée par cette réponse existentielle,  elle n’est plus disponible totalement à son environnement, ni pour le recevoir, ni pour interagir. Et cela altère sa conscience cognitive (se savoir être en train de penser, et le contenu de cette pensée, la conscience de l’émergence d’une émotion, l’action en cours…) et sa capacité de présence.

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Des modèles neurobiologiques nous aident à comprendre comment cela fonctionne.

Différentes façon de penser un même phénomènes. 

D’après le Dr J.-M.Fabrizio, psychiatre vittozien, les altérations de la conscience cognitives (allant d’un simple manque d’attention à des phases délirantes sur un spectre très large…) alimente tous les dysfonctionnements et interfère sur la fonction supérieure de contrôle, composé du raisonnement, du jugement, de la volonté ; en altérant leur champ d’action et en les neutralisant.

 
Une psychopatologie vittozienne
Dr J.-M. Fabrizio
Circuit court de LEDOUX

 Joseph Ledoux a montré, que la décision est prise à partir de l’amygdale à la sortie du tronc cérébral, très “en dessous” du cerveau conscient donc. L’information reçue par les sens est envoyée par voie rapide via l’hypothalamus, en basses fréquences, au plus profond du cerveau. avant que le néocortex  par la voie lente, reçoive toute l’information. (J.D. Haynes)

Ce qu’on appelle le circuit court. Telle situation ne permet pas que le circuit habituel du discernement, de la tempérance, se mette en place et le circuit court s’active sans raison apparente. Pour les personnes ayant un TDAH, le stress va encore accentuer l’aspect impulsif de la réactivité, car le fonctionnement exécutif du cerveau est impacté.

En synthèse : tous les réseaux neuronaux sont en lien et fonctionnent ensemble, mais certaines parties sont dédiées à certaines fonctions spécifiques.

  • Le cerveau a une partie rapide, instinctive. (Le système limbique)
  • Une partie plus lente, réfléchie. (Le cortex pré-frontal)

La partie rapide qui détecte le danger, déclenche la peur, la colère, la fuite, agit en millisecondes et la partie réfléchie, analyse, relativise, comprend et prend des décisions. 

Antonio Damasio l’explique très bien aussi. Il a montré que les émotions ne sont pas l’opposé de la raison, qu’elles sont indispensables à la prise de décision. Il avait déjà mis en avant que le corps envoie des “signaux” au cerveau pour orienter nos choix. Pour lui, le corps garde des traces corporelles laissées par nos expériences passées, il parle de marqueurs somatiques.

Or, ces marqueurs impactent l’état de veille et n’importe quelle situation peut déclencher un signal et la réaction arrive avant la compréhension.

Cette une situation ressemble d’une manière ou d’une autre, pour le cerveau, à quelque chose de déjà vécu :

  • le corps envoie un signal (tension, boule au ventre, chaleur, contraction),
  • et la réaction part. Souvent avant même que l’on comprenne pourquoi !

La réaction n’est pas “exagérée” 👉 Elle est cohérente avec un ancien apprentissage.

Le corps dit : “Attention, je connais ça. Ça a déjà été dangereux.” 

Même si aujourd’hui, objectivement, ce ne l’est plus ! 

La théorie polyvagale qui a été développée par Stephen Porges dans les années 1990 propose aussi une compréhension du fonctionnement du système nerveux autonome (SNA) et de son rôle dans nos émotions, nos réactions au stress et nos relations sociales

Porges introduit le terme neuroception : C’est un mécanisme inconscient par lequel le système nerveux évalue : sécurité / danger / menace vitale

Sans qu’on en ait conscience, notre corps décide : « Est-ce que je suis en sécurité ou non ? »

Et il active automatiquement le circuit correspondant.

  • Le système nerveux autonome (SNA) régule automatiquement :
  • le rythme cardiaque
  • la respiration
  • la digestion
  • les réactions au stress

Traditionnellement, on parlait de deux branches :

  • Sympathique → activation (attaque/fuite)
  • Parasympathique → repos/détente

Porges ajoute une vision plus nuancée, en distinguant deux circuits différents dans le parasympathique, via le nerf vague. Il présente 3 états du système nerveux :

Le système vagal ventral (Celui dit de l’ « engagement social »)

 

Le plus évolué (chez les mammifères), Il permet le calme, la connexion, la sécurité.
Il favorise : Le contact visuel, la prosodie de la voix, l’empathie, la régulation émotionnelle. Quand il est actif, on se sent en sécurité, capable d’interaction et de réflexion.

 

Le système sympathique (Celui de la mobilisation)

A son activation il provoque : La réaction de combat ou fuite, l’activation cardiaque, la tension musculaire, l’hypervigilance. Les émotions qui sont associées sont : la peur, la colère, l’anxiété

 

Le système vagal dorsal (Celui de l’immobilisation)

Ce serait le circuit plus ancien (reptilien), il se manifeste lors d’une réaction de figement, effondrement. Cela provoque : un ralentissement cardiaque, et des états dissociatifs possibles. Les Émotions associées : l’impuissance, la honte, la dépression, la sidération

 
théorie polyvagale - infographie

Si l’insécurité a été apprise trop tôt

Il s’agit de certaines expériences précoces : pas forcément des “traumatismes spectaculaires”, parfois un climat familial tendu, l’imprévisibilité d’une figure d’attachement, le stress chronique dû au rythme de vie de la famille, ou des carences affectives. Elles ont poussé l’enfant en cours de développement à adopter des stratégies pour rester en lien, attirer le parent pour recevoir de l’attention ou assurer son équilibre interne… de la vigilance, des pleurs, des plaintes, ou de l’enferment, du renoncement, ou encore du contrôle pour prendre en charge l’environnement d’une manière qui réponde (en partie) à ses besoins…

L’anxiété, vue comme une tentative de protection

C’est ainsi que l’anxiété peut s’installer et devenir une mode opératoire de tentative de solution. Un bouton d’alerte hyper-sensible qui continue de sonner ou parfois se remet à sonner des années après quand toutes les stratégies de contrôle ou d’évitement ont été épuisées et ne sont plus suffisantes pour apporter le sentiment de réassurance nécessaire.

Bertrand avait trouvé dans le travail, un moyen de rassurer l’enfant intérieur (Les états du Moi : Eric Berne), de façon tout à fait inconsciente bien entendu, dans un scénario qui semble gagnant, de développement professionnel et personnel très efficace, et avec l’intercession de nombreuses compétences développées assez jeunes, dans le scoutisme notamment… de l’organisation tirée au cordeau, du leadership, même de la diligence relationnelle !

Pourtant, ces stratégies d’adaptation aujourd’hui trouvent leurs limites. Ces solutions tentées comme les nomme Giorgio Nardone n’ont plus d’effet. Ce qui était utile devient limitant car l’accomplissement n’a pas eu raison de l’énergie puissante encore présente.

Il n’a plus rien à se prouver et l’énergie prend la forme d’une anxiété, sourde, qui apparaît de façon étrange. L’analyse n’est pas forcément l’attente de Bertrand, nous partirons de son quotidien, et chercherons les ressources qui sont bien là aussi pour leur laisser plus de place grâce à un protocole MOSAIC adapté aux troubles anxieux.

De la sécurité avant tout changement

Pourquoi on ne “force” pas l’apaisement ? 

Ce qui va favoriser un retour au calme, c’est paradoxalement … de sentir le calme, si si c’est possible , votre corps connaît le chemin ! Il peut y a voit accès, le travail que nous faisons en séance : c’est bien de l’entraîner à y retourner plus facilement … dans un moment et un espace sécurisé !

Puisque nous avons vu que la voie est direct pour l’émergence de l’émotion, le chemin nous est montré pour la résolution de l’angoisse : être avec et sentir, rester avec. 

A retenir :

  • Le système nerveux a besoin de sécurité ressentie 

  • Pas seulement de compréhension intellectuelle

  • La régulation corporelle est possible et s’entraîne.

  • Il est bon de choisir un environnement stable pour soi.

  • Une relation thérapeutique sécurisante vous aidera à y avoir de nouveau accès.

Pour conclure : “Votre anxiété a une logique”

✔ Si vous êtes comme Bertrand, ce que vous ressentez est cohérent, l’auto-jugement ne vous sert pas !
✔ Votre corps cherche à vous protéger de quelque chose qui n’est plus présent… il veut bien faire… il a besoin des bonnes informations !
✔ Le changement passe par la sécurité, pas par la lutte… éviter et contrôler renforce l’anxiété !

 

  • Si vous vous reconnaissez sachez que la Méthode Vittoz est reconnue pour ses bienfaits dans le retour à la conscience de soi, et dans la réunification intérieure. La Thérapie MOSAIC fait ses preuves dans des études cliniques, elle permet de ployer les ressources au niveau des réseaux neuronaux concernés par l’anxiété. J’ai choisi de travailler avec ces deux approches complémentaires car elle permettent ensemble de faire une vivre une expérience existencielle et fonctionnelle complète.