L’impulsivité : un trait des TDAH

Impulsivité - thérapie - bordeaux

Quand on parle d’impulsivité, on pense de façon graduelle à des situations variées pouvant aller de couper la parole dans une conversation, dire ce qu’on pense, être ce qu’on appelle « sans filtre », agir trop vite, faire des choses qu’on regrette à des comportements plus risqués pour soi (TCA, prise de substances, impulsivité sexuelle,… ) Ce trait que connaissent les personnes souffrant de Troubles de l’Attention avec ou sans hyperactivité s’expliquent par un fonctionnement neuronal particulier. C’est une grande source d’inconfort relationnel pour la personne. On note par ailleurs qu’au cours de leur vie, 35 à 50% des adultes présentant un TDAH ont eu un épisode dépressif, ce risque est plus élevé qu’en population générale où il est de 15%.

 

L'impulsivité, définition et risques

L’impulsivité décrit une situation où  la personne impulsive se laisse guider par l’émotion et non pas par le raisonnement. Dans le meilleur des cas on plaisante à ce sujet et la personne est gentiment décrite comme franche du collier ou carrément pénible. Considérer ce trait comme un élément apportant de la souffrance nous aide à regarder l’autre autrement.

Mettre cela sous le regard d’un continuum, où l’on considère que nous sommes chacun par moment impulsif est aussi important, cependant ce trait est à considérer particulièrement dans le cadre du suivi des personnes TDAh qui peuvent connaître des épisodes dépressifs parfois aiguës.

C’est un trait de personnalité caractérisé par un comportement direct adopté par un individu sans que celui-ci pense aux conséquences de ses actes. Le docteur Ernest S. Barratt a lié l’impulsivité à une prise de risque, un manque de planification mentale et une prise de décision rapide.

Une étude canadienne (Fuller-Thompson et coll., 2020) a trouvé que 1 adulte sur 7 ayant un TDAH a déjà fait une tentative de suicide, contre 1 adulte sur 37 sans TDAH . La même étude a aussi révélé que 1 femme sur 4 ayant un TDAH a déjà tenté de se suicider.

Dopamine et impulsivité : L'hypothèse d'une origine neuro-dévelopementale.

La dopamine (DA) est un neurotransmetteur, une molécule biochimique qui permet la communication au sein du système nerveux, et l’une de celles qui influent directement sur le comportement. La dopamine renforce les actions habituellement bénéfiques telles que manger un aliment sain en provoquant la sensation de plaisir ce qui active ainsi le système de récompense/renforcement. Elle est donc indispensable à la survie de l’individu. Plus généralement, elle joue un rôle dans la motivation et la prise de risque chez les mammifères, et donc chez l’être humain.

“Les preuves issues d’études d’imagerie cérébrale ont montré que la neurotransmission cérébrale de la dopamine est perturbée dans le TDAH et que ces déficits peuvent être à l’origine des principaux symptômes d’inattention et d’impulsivité.

Les déficits de récompense dans le TDAH se caractérisent par une incapacité à retarder la gratification, une réponse altérée à des programmes partiels de renforcement et une préférence pour de petites récompenses immédiates plutôt que pour des récompenses différées plus importantes.”

Ces données expliqueraient l’élan d’action difficile à contrôler.

En France, trois médicaments peuvent être prescrits pour le traitement des symptômes du TDAH : le Concerta®, le Quasym® et la Ritaline®. Ils ont tous comme principe actif le méthylphénidate, une substance psychostimulante qui agit en redirigeant correctement la dopamine dans le cerveau. 

En première intension, la psycho-éducation vise à mettre en place des stratégies de vie permettant de mieux anticiper les fonctionnements est proposée.

En renfort un accompagnement psychothérapeutique pour réguler son rapport au temps et approfondir la conscience de soi est aussi d’un grand intérêt.

Le mécanisme de l'impulsivité. Comment ça marche ?

Pour chacun de nous, cela fonctionne selon un mécanisme qui se met en place à partir d’un déclencheur et qui se répète si une stratégie ou un apprentissage ne sont pas mis en place :

Déclencheur (situation relationnelle, choc, stimulations de l’environnement, pensées …) ➡️ Une tension psychique est crée par ce contexte ➡️ L’émotion s’impose ou elle n’est pas reconnue, ou pas reliée, elle prend toute la place ➡️ La personne de dispose pas des moyens nécessaires pour réguler cette tension ➡️ L’acte impulsif va venir décharger cette tension ➡️ L’apaisement immédiat est réel, mais temporaire et infructueux pour la vie sociale, pour la relation, et pour la relation à soi ➡️ La tension a toutes les chances de revenir à l’occasion d’un déclencheur d’émotion non traité ➡️ Le cerveau peut chercher à retrouver la situation de tension pour connaître à nouveau l’apaisement, ou un autre bénéfice primaire ou secondaire…

Dans le cas du TDAH, le mécanisme est plus marqué et plus intense compte tenu du fonctionnement cérébral précédemment décrit.

La thérapie psycho-coporelle Vittoz pour dompter son impulsivité.

La rencontre

Se découvrir à nouveau soi-même à l’aide de la rencontre avec un thérapeute qui a un regard bienveillant sur soi. Recevoir une parole encourageante et souvent plus compréhensive que celle qu’on peut avoir pour soi-même. Apprendre à évoluer en relation avec le thérapeute. Dans une approche phénoménologique la relation thérapeutique est une rencontre qui implique de vrais échanges et qui sont le lieu de l’observation sans jugement, du mode d’être en relation.

Les exercices pour accepter nos ambivalences

Quand on entame un travail psychique on peut craindre ces variations qui sont souvent assimilées à des pathologies de type bipolarité, ou état limite… j’ai envie de dire et alors … ? Le trouble bipolaire peut-être lui traité par voix médicamenteuse, ce qui n’est pas le cas du trouble de la personnalité border-line. Il n’est pas rare que ces troubles soient associés ou confondus lors de la réalisation d’un diagnostic.

Il faut considérer aussi que  “l’impulsivité concerne souvent des personnes qui déploient des gros moyens en un temps bref pour une situation qui à la base ne les nécessitait pas nécessairement”, décrit le psychiatre Paco Prada. Autrement dit, “elle ne supportent pas suffisamment l’ambivalence. Il faut que ça penche dans un camp ou dans un autre…” il faut pour la personne, comme clarifier ce problème d’ambivalence. Comme s’il fallait passer d’un côté ou de l’autre. Cette impulsivité, et cette difficulté avec l’ambivalence pourrait cependant venir appuyer, voire pousser, des pensées suicidaires à se concrétiser en passage à l’acte.

Alors sentir au cœur de nos gestes quotidiens la réalité de l’existence, variable et parfois désorganisée, par une présence attentive est un chemin privilégié pour s’observer et s’accepter. L’engagement dans la pratique donne alors de l’épaisseur à nos actes et révèle la préciosité de notre personnalité riche et aimable.

C’est pourquoi, la méthode élaborée par le Dr Vittoz au début du 20è siècle réserve une place importante à l’intégration paisible de nos ambivalences. Toute une gamme d’exercices symboliques vont venir renforcer l’acceptation de soi dans les différents aspects de la personnalité. 

Les vivre dans la conscience corporelle va permettre de venir unifier l’être sans négliger les parts de soi qui viennent au service les unes des autres. (La bienveillance au service de l’exigence, le désir de lien cohabiter avec le besoin de sécurité… )

En conclusion qui dit « plus d’ambivalence », dit « moins de passage à l’acte. »

Les exercices Vittoz

L'accueil des émotions

Notre cerveau est un appareil à penser qui, souvent déconnecté des émotions, produit beaucoup de déchets… de pensées pas toujours à notre service, qui s’enchaînent, s’accrochent les unes aux autres et nous coupent du monde, de sa réalité et des autres, de ceux qui nous aiment et qu’on ne voit pas. Il est est bon de savoir remettre cet engin à sa place et d’offrir plus d’espace à nos émotions, qui elles aussi, ont bien des messages à nous transmettre ! Et plus de place à nos sensations sources d’un plaisir simple – et donc de dopamine – , à portée d’yeux, de peau, de papilles, de nez et d’oreilles !

Cela passe indéniablement pas la conscience corporelle, du temps pour soi, pour se sentir être avec soi. Mieux se connaître permet de mettre en place des comportements anticipatoires, appuyés sur le senti du présent, et le besoin identifié.

La créativité, pour se resubjectiver

La crise existentielle, le moment de désespoir constitue étonnamment une opportunité affirme le Dr Prada. Accompagnée, une fois sécurisée, la personne peut re-décider fermement une nouvelle façon d’habiter sa vie, son corps, ses émotions, ses pensées. Se dire dans la matière, la couleur, l’espace permet de se re-subjectiver, retrouver son identité personnelle, son unicité. Des stage Vittoz et peinture, Vittoz et terre sont organisés par des thérapeutes du réseau Vittoz-IRDC.

Premiers secours en santé mentale 🇨🇭

Les personnes ayant un TDAH peuvent vivre des moments profonds découragement, avec des épisodes dépressifs aigües.

Aussi voici un rappel des contacts d’urgence, si vos comportements et pensées ou celles de vos proches venaient à prendre un cheminement extrême et concret de passage à l’acte il est important de savoir que des structures et des numéros d’appels sont disponibles.

  • Téléphone : 3114 (appel gratuit)

Horaires 24h/24 – 7j/7

Lorsque vous composez ce numéro depuis la Métropole ou l’Outre-Mer, votre appel est automatiquement redirigé vers le centre le plus proche de vous. À Bordeaux, l’appel est pris en charge par l’équipe du Centre Hospitalier Charles Perrens.

  • Téléphone : 0800 71 08 90 (appel gratuit)

Horaires Lundi au vendredi de 10h à 17h30

Détresse, épuisement, isolement, culpabilité, anxiété, colère… Plateforme téléphonique d’accompagnement psychologique et de réorientation vers les structures de proximité.

Pour le grand public et les professionnels.